Vexin : Villarceaux accablé par la chambre régionale des comptes

Domaine de Villarceaux

La pétition lancée pour que le domaine reste dans le giron de la région a déjà rassemblé 7 000 signatures (dont 3 000 papiers et 4 000 sur Internet).

Le rapport conseille à la région d’abandonner la gestion du site, au grand dam de ses défenseurs qui dénoncent une analyse « orientée ».

Un « coût annuel significatif (2,2 M€), la possibilité d’un projet culturel non démontré, une capacité du domaine à produire des revenus très incertaine… » Le rapport de la chambre régionale des comptes sur la gestion du domaine de Villarceaux est désormais publié. Au fil des pages, le texte semble accumuler les raisons pour justifier un éventuel abandon du domaine par la région Ile-de-France.

Depuis son arrivée à la tête du conseil régional, le site est dans le collimateur de la gouvernance Valérie PÉCRESSE (LR) qui le trouve coûteux et inutile. La région avait donc enclenché une réflexion sur l’avenir du site, en affirmant qu’elle s’appuierait « sur les conclusions du rapport de la chambre régionale des comptes. »

Vers un « véritable » projet de valorisation ?

On dirait bien que le document ne fait qu’apporter de l’eau au moulin de la nouvelle majorité. « Vu la faible attractivité du lieu, la région doit examiner une éventuelle résiliation des baux, d’autant que cette gestion patrimoniale est éloignée de ses compétences », est-il écrit dans les éléments de synthèse. Légalement pourtant, la résiliation du bail liant la région au propriétaire des lieux, la fondation Charles Léopold MAYER, ne peut être envisagée avant 2025. La chambre régionale des comptes conseille donc « d’évaluer la possibilité de mettre en œuvre un véritable projet de valorisation » en attendant.

Ces perspectives très peu réjouissantes mettent en colère les défenseurs du site. Le collectif des élus franciliens pour la sauvegarde de Villarceaux dénonce « un rapport orienté. » L’analyse s’appuie par exemple sur des chiffres de fréquentation datant… d’avant 2001. A l’époque, le domaine n’aurait attiré qu’entre 3000 et 4000 visiteurs par an. « Alors que dernièrement nous étions plutôt entre 30 000 et 60 000 », souligne Olivier CAURETTE adjoint au maire de Chaussy et membre du collectif.

Le rapport avance également des frais de fonctionnement se montant à 935 000 € annuels dont 635 334 € de frais de personnel, et des travaux évaluées à près de 1,3 M€. « C’est étonnant vu qu’il n’y a que huit employés », juge Olivier CAURETTE. « Et concernant les travaux, il n’y en a pas eu cette année par exemple. Le domaine peut continuer à se tenir debout sans que des millions soient dépensés. »

Le collectif rappelle en outre que la région a déjà investi « près de 60 M€ pour restaurer le site. » Un investissement dont bénéficierait directement un propriétaire privé si demain le domaine était lâché par la région et revendu par la fondation.

Article de Marie PERSIDAT
Source : Le Parisien

2018-09-13T11:24:50+00:00juillet 19th, 2018|La Presse en parle|0 Comments

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