Villarceaux, vers une privatisation ?

Quel futur pour le Domaine de 600 hectares ? Le Conseil régional d’île-de-France, qui finance un million d’euros par an pour l’entretien du site, a déjà quelques idées : détail. «La gratuité actuelle du Domaine de Villarceaux ne peut être maintenue, elle ne peut que conclure à son asphyxie et à la paralysie de son évolution », indique une note interne diffusée au Conseil régional d’île-de-France.

Après l’annonce de la remise en cause de la gestion et de l’entretien du Domaine de Villarceaux par le Conseil régional d’île-de-France, de nombreux Vexinois (mais pas que, NDLR), se sont inquiétés quant au devenir des 600 hectares, dont la visite est actuellement entièrement gratuite.

C’est le cas de Jean-Pierre BÉQUET, ancien vice-président (PS) du Parc Naturel Régional (PNR) du Vexin français, en charge de la culture.

16,66 euros / visiteurs

«Je comprends très bien le fait que Valérie PÉCRESSE et ses acolytes cherchent à faire des économies, mais il faut tenir compte du fait que 60 000 visiteurs de toute la région parisienne viennent, chaque année, se balader dans les jardins du Domaine. Et que ce dernier est mis gratuitement à la disposition de la collectivité, qui finance, certes, l’entretien annuel chiffré à 1 million d’euros (soit 16,66 euros par visiteur, NDLR)», s’insurge l’ancien maire d’Auvers-sur-Oise.

AUVERS-BEQUET

Jean-Pierre BÉQUET, ancien vice-président (PS) du Parc Naturel Régional (PNR) du Vexin français, en charge de la culture.

Jean-Pierre Béquet a non seulement créé une page Facebook nommée “Villarceaux ouvert à tous”, qui comptait déjà 236 “amis” il y a une semaine, mais aussi lancé une pétition sur le site Internet www.change.org, intitulée “Villarceaux doit rester ouvert aux Franciliens”. «Nous avons recueilli près de 900 signatures, dès que nous aurons franchi la barre des 1 000, je solliciterai un rendez-vous auprès de la Région pour lui faire part de nos inquiétudes», conclut l’élu auversois.

«Pas viable en l’état»

«Jean-Pierre Béquet est surtout inquiet pour ses “copains”, avec qui il travaille depuis 18 années en toute liberté», répond Stéphanie von Euw, vice-présidente (LR) du Conseil régional d’île-de-France en charge des affaires européennes.

«Il est vrai que la gratuité actuelle du Domaine de Villarceaux ne peut pas être maintenue en l’état. Ce n’est pas viable. On ne peut plus se permettre de combler ses déficits, et ce n’est pas non plus à la population locale de le faire !», précise l’élue.

Par ailleurs, la Région a d’ores et déjà rompu son contrat avec l’agence de communication qui gérait la promotion du Domaine auprès des médias.

«Outre un fonctionnement avec une billetterie, de nombreuses autres possibilités s’offrent à nous, sachant que notre intention n’est pas de nous séparer du Domaine, ni de changer sa vocation, mais plutôt de compléter l’offre sur place… Villarceaux  mérite mieux !», poursuit Stéphanie VON EUW.

Stéphanie VON EUW

Stéphanie VON EUW (Lr), vice-présidente du Conseil régional d’île-de-France, en charge des affaires européennes.

Délégations privées

«Plusieurs propositions seront étudiées au cours des réunions mensuelles de nos commissions. Quand des décisions auront été prises, nous inscrirons la question à l’ordre du jour d’une future séance plénière du Conseil de région. Personnellement, j’imagine très bien un système fonctionnant par délégation, consistant à développer le côté événementiel sur le site, avec des séminaires et davantage de manifestations ponctuelles diverses, gérées, pourquoi pas, par des entreprises privées», conclut-elle.

Rappel de la situation actuelle

La Bergerie de Villarceaux, appartient à la Fondation Charles Léopold MAYER pour le progrès de l’homme. Le Domaine de Villarceaux, et ses  600 hectares, transformé en résidence d’artistes, offre par ce biais des ateliers pédagogiques aux enfants du Vexin.

Outre le loyer symbolique d’un euro versé en tant que locataire, la Région acquitte en effet 20 000 euros annuels de taxes foncières et d’habitation, sachant que Villarceaux ne génère aucune recette. L’entretien du château coûte chaque année un million d’euros aux contribuables franciliens.

Villarceaux

Article de Joseph CANU
Source :  La Gazette du Val-d’Oise

By |2018-06-30T01:08:53+00:00mars 25th, 2016|La Presse en parle|0 Comments

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