Villarceaux : Valérie PECRESSE veut lancer « l’opération de la dernière chance »

Villarceaux

Chaussy. . LP/Lucas Barioulet

Alors qu’elle vient à la rencontre ce jeudi des élus et acteurs locaux mobilisés pour défendre Villarceaux, Valérie PECRESSE la présidente (LR) de la région, nous dévoile en avant-première ses intentions concernant le domaine situé à Chaussy.

Vaste domaine de 800 ha, Villarceaux comprend notamment deux châteaux, une ferme ou encore un golf. Le site est ouvert gratuitement au public, sa fréquentation a bondi ses dernières années, allant jusqu’à atteindre quelque 50 000 visiteurs par an.

Récemment un « groupe de travail » a été créé à Chaussy pour défendre le domaine et une pétition en ligne a réuni quelque 4 500 signatures, réclamant que le site reste dans le domaine public. Si la région venait à se désengager, la fondation propriétaire a déjà fait savoir qu’elle revendrait le parc et ses châteaux.

La région va-t-elle abandonner Villarceaux ?

VALERIE PECRESSE. Je ne veux pas que la région se désengage, mais je vais mener l’opération de la dernière chance. Depuis deux ans, nous avons essayé de renouveler la programmation du lieu en accueillant notamment le festival d’Auvers et en participant à la nuit des musées (NDLR : d’autres manifestations ont en revanche été annulées comme le salon de l’ours et de la poupée de collection ou les représentations de théâtre). Et puis le rapport de la chambre régionale des comptes est tombé, il est extrêmement défavorable.

Valérie-PECRESSE
Quels sont les points faibles du domaine ?

Il coûte 2 M€ par an en frais de gestion. Il n’y a pas de projet culturel original. Et la CRC dit que Villarceaux ne présente pas un intérêt patrimonial suffisant pour justifier de telles dépenses. La région a déjà investi 12 M€ depuis les années 1990 et on me parle de 17 M€ nécessaires pour faire des travaux de restauration, de sécurisation et de remise aux normes dans les années qui viennent. Je pense que ce n’est pas à la région de payer parce qu’elle n’est pas propriétaire, nous sommes face à un mur d’investissement que l’on ne sait pas franchir.

Quelle solution proposez-vous donc ?

Le 31 octobre nous allons lancer un « appel à manifestation d’intérêt ». Cela permettra à tous ceux qui s’intéressent au site de proposer un projet. Ils auront jusqu’en février 2019 pour se manifester. Nous avons déjà été approchés par deux porteurs de projet. L’un a un programme culturel et évoque l’idée d’une académie de chant avec des résidences d’artistes. L’autre a un projet touristique. Pourquoi ne pas créer un hôtel à côté du château… J’ai même demandé à Stéphane Bern de nous trouver un repreneur.

Pourquoi la région ne développe-t-elle pas son propre projet ? Comme le conseil départemental le fait au château de La Roche-Guyon par exemple…

Ce n’est pas notre métier. Cela fait 17 ans que la région est incapable d’équilibrer le fonctionnement de Villarceaux. Peut-être que le département, propriétaire du château de La Roche-Guyon, a les agents pour faire ce genre de chose. Nous ne les avons pas.

Elus du Val d'Oise
Vous préférez donc céder la gestion du domaine ?

Nous ne cédons rien, nous déléguons à nos conditions. Nous exigerons notamment que le site reste ouvert au public. L’objectif c’est que Villarceaux coûte moins à la région.

Que vont devenir les associations* qui travaillent sur place ?

Il est évident que tous ceux qui sont sur le site seront relogés ailleurs par la région. Cela nous coûtera de toute façon moins cher de payer un loyer ailleurs dans le parc du Vexin.

Le futur projet se fera en lien avec les Amis de Villarceaux et les élus locaux que je rencontre ce jeudi. Il faut que nous nous mettions tous d’accord. Si ce n’est pas le cas, la région n’aura d’autre solution que de se retirer.

LE SITE APPARTIENT A UNE FONDATION SUISSE

Visite du domaine de Villarceaux

La Fondation Charles Léopold Mayer pour le Progrès de l’Homme (FPH) en est devenue propriétaire en 1975. N’ayant cependant pas vocation à entretenir des bâtiments historiques, l’organisme délègue une partie de la gestion du site.

Il conserve en particulier l’exploitation agricole la transformant en ferme expérimentale très en pointe en matière de culture biologique. La fondation conclut en revanche en novembre 1989 avec la région Ile-de-France un bail emphytéotique d’une durée de 99 ans au franc symbolique, assortie d’une clause ouverture au public.

Le conseil régional entreprend de vastes travaux de restauration et entretient le parc de manière totalement écologique.

* La Source-Villarceaux, qui développe des actions sociales et éducatives, est notamment basée dans une aile des communs du château.

Article de Marie PERIDAT
Source : Le Parisien

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2018-10-22T14:24:12+00:00septembre 5th, 2018|La Presse en parle|2 Comments

2 Comments

  1. Alain MOREL 8 septembre 2018 at 17 h 23 min - Reply

    Pour la nuit des musées, la participation de la région se cantonne à assurer les frais de personnels qui de toute façon l’auraient été, à payer les fluides (électricité, eau, etc). Tout le reste – animation – est à la charge de l’association des Amis du domaine de Villarceaux. S’attribuer le déroulement d’une manifestation dans laquelle la région n’y est pour rien, est une escroquerie.

  2. Muriel Curado 9 septembre 2018 at 14 h 53 min - Reply

    On est bien loin de l’enthousiasme culturel avec annonce de budgets en hausse lors de son accession au pouvoir !
    https://www.echoidf.fr/2016/09/18/nous-voulons-sortir-la-culture-de-paris-et-louvrir-a-tous-les-franciliens/

    Quelle mauvaise foi…

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